Les traverses de Chambly

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Source : Fonds Armand Auclair

La semaine se termine par un excellent texte sur les ponts couverts disparus de Chambly signé par Gérald Arbour. Vous serez certainement impressionnés par le portique unique et très particulier du pont Yule, dont une seule photo est connue. Afin de profiter pleinement de ce billet riche en informations, le blogue sera de retour mardi. Merci à Gérald pour cette belle collaboration spéciale…

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LES TRAVERSES DE CHAMBLY

par Gérald Arbour

Afin d’obtenir la construction d’un pont sur le Richelieu à la hauteur de Chambly, les requêtes et pétitions s’accumulent au Parlement du Canada-Uni qui siège alors à Montréal à cette époque. En 1845 un bill autorisant John Yule à construire un pont de péage est adopté. Il a un délai de 4 ans pour s’exécuter. Bien que les plans du pont demeurent introuvables, quelques données ont été colligées pour un ouvrage qui aurait coûté près de 30,000$ il y a 170 ans. Le projet est majeur car il est connu que le pont avait 6 piliers, une des arches aura au moins 100 pieds d’ouverture entre les piliers en plus de spécifications précises pour assurer la libre circulation des cageux. Pour une idée de l’importance de l’ouvrage, disons qu’un des ponts qui a remplacé le pont de bois mesurait plus de 800 pieds.

Chambly est un lieu stratégique dans la défense de la colonie avec la construction d’un fort. Au moment de sa destruction en 1891 le pont Yule est le deuxième pont seulement à franchir le Richelieu assurant un lien permanent pour les véhicules entre les Cantons de l’Est et la métropole. L’autre étant le pont Jones à Saint-Jean-sur-Richelieu. Un pont de bois lambrissé. Chambly a été « redécouvert » il y a quelques années grâce à la brasserie Unibroue.

Le pont couvert Yule est inauguré en 1846 et ce n’est qu’en 1887 que les citoyens réclament l’installation de 2 lampes à l’intérieur du pont, ce qui laisse supposer que les activités des brigands sont à la hausse et que les usagers du pont sont des cibles de choix. Pendant 45 ans il remplit ses obligations sans que les journaux de l’époque fassent mention d’incidents notables relatifs au pont couvert ou à des crues exceptionnelles qui l’auraient menacé. Sauf le 15 octobre 1891. Les tisons d’un feu dans un moulin voisin du pont enflammeront la vénérable structure et causeront sa perte. Autre fait notable, l’ouvrage était assuré pour un montant de 18,000$.

Une seule photo connue du pont Yule a été retracée. Elle ne permet pas d’établir le type de la ferme ni la longueur. Parmi les centaines de photos d’archives de ponts couvets du Québec, aucune ne montre un portique aussi élaboré. En face du pont, côté Chambly, on voit le poste de péage.

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Source : Fonds Armand Auclair

Toujours à Chambly, mais sur la petite rivière Montréal (l’Acadie aujourd’hui) un autre pont couvert a existé jusqu’à son remplacement en 1927.

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Source : Fonds Denis Léveillé

En 1912 le ministère des Travaux publics inclut dans son rapport les améliorations apportées au chemin aux abords du pont.

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Source : Rapport du minitère des travaux publics 1912

Bien avant l’invention du GPS, des guides d’informations pour les automobilistes étaient publiés annuellement. Ils contiennent nombre de détails importants pour le millage, pour la route à suivre, pour les services disponibles ou les attraits touristiques. Le type de pont rencontré est indiqué. L’édition de 1926 du Official Automobile Road Guide of Canada précise la nature des 2 ponts de Chambly.

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Tout juste avant de franchir le pont couvert on indique le lieu de naissance de Marie-Louise-Emma-Cécile Lajeunesse (1847-1930) une soprano de renommée mondiale qui fit carrière sous le nom d’Emma Albani. La Céline Dion de l’époque.

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Sources : Chambly et les mesures de son histoire, Société d’histoire de la seigneurie de Chambly, Paul-Henri-Hudon, décembre 2014.

Notre-Dame-de-Bonsecours, Richelieu, 1869-1994, Éditions Louis-Bilodeau et Fils Ltée, Sherbrooke 1994.

Histoire

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