{"id":41997,"date":"2026-06-26T08:30:36","date_gmt":"2026-06-26T12:30:36","guid":{"rendered":"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/?p=41997"},"modified":"2026-06-26T08:30:36","modified_gmt":"2026-06-26T12:30:36","slug":"conflit-dinterets-sur-la-riviere-des-prairies-1ere-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/2026\/06\/26\/conflit-dinterets-sur-la-riviere-des-prairies-1ere-partie\/","title":{"rendered":"Conflit d&rsquo;int\u00e9r\u00eats sur la rivi\u00e8re des Prairies, 1\u00e8re partie"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149011893_Lachapelle-2-et-3_Frederick-P.-Shearwood-1893_ANC-PA1220642.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"420\" src=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149011893_Lachapelle-2-et-3_Frederick-P.-Shearwood-1893_ANC-PA1220642-1024x420.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-41998\" srcset=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149011893_Lachapelle-2-et-3_Frederick-P.-Shearwood-1893_ANC-PA1220642-1024x420.jpg 1024w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149011893_Lachapelle-2-et-3_Frederick-P.-Shearwood-1893_ANC-PA1220642-300x123.jpg 300w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149011893_Lachapelle-2-et-3_Frederick-P.-Shearwood-1893_ANC-PA1220642-768x315.jpg 768w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149011893_Lachapelle-2-et-3_Frederick-P.-Shearwood-1893_ANC-PA1220642-1536x630.jpg 1536w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149011893_Lachapelle-2-et-3_Frederick-P.-Shearwood-1893_ANC-PA1220642-624x256.jpg 624w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149011893_Lachapelle-2-et-3_Frederick-P.-Shearwood-1893_ANC-PA1220642.jpg 1932w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption>Pont Lachapelle, Frederick P. Shearwood, 1893, Archives nationales du Canada PA122064<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#010000\">J&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s excit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de recevoir un nouveau texte sign\u00e9 de la plume de notre ami Ga\u00e9tan. On y retrouve toujours plusieurs \u00e9v\u00e9nements historiques d\u00e9taill\u00e9s entourant des ponts, ainsi que tous les personnages qui ont gravit\u00e9 autour. Cette fois, on s&rsquo;int\u00e9resse au pont Lachapelle, un nom qui vous dira certainement quelques chose et qu&rsquo;on voit toujours en passant par Laval. On fera une incursion dans l&rsquo;industrie du bois sur la rivi\u00e8re des Prairies. Plusieurs personnalit\u00e9s influentes viendront agr\u00e9menter ce r\u00e9cit, dont certains bien connus. Il y a tellement de choses int\u00e9ressantes \u00e0 dire \u00e0 ce sujet que le r\u00e9cit se divisera en deux parties. Un immense merci \u00e0 Ga\u00e9tan pour le partage de cet article sur le site des ponts couverts. \u00c0 la lectures de ces lignes, vous r\u00e9aliserez rapidement le nombre incalculable d&rsquo;heures qu&rsquo;il y a investi. Bonne lecture et bon voyage dans le temps&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats sur la rivi\u00e8re des Prairies <\/strong>(1<sup>\u00e8re<\/sup> partie)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">La rivi\u00e8re des Prairies s\u00e9pare l\u2019\u00eele J\u00e9sus (Laval) de l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al. D\u00e9versant les eaux du lac des Deux-Montagnes, elle s&rsquo;\u00e9tend sur environ 50 kilom\u00e8tres et rejoint le fleuve Saint-Laurent entre Repentigny et le lieu appel\u00e9 Bout-de-l\u2019\u00cele qui forme la pointe nord-est de l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al. Cette rivi\u00e8re \u00e9tait connue des Ab\u00e9naquis sous le nom de <em>Pamskodategw, <\/em>qui signifie \u00ab&nbsp;rivi\u00e8re de la prairie&nbsp;\u00bbet des Wendats, <em>Skawanoti, <\/em>qui selon eux signifie \u00ab&nbsp;la rivi\u00e8re derri\u00e8re l\u2019\u00eele.&nbsp;\u00bbLes anglophones la nommaient <em>Back River<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Des ordonnances de l&rsquo;intendant Hocquart en 1734 et l&rsquo;administration du grand voyer Lanoullier de Boisclerc favoris\u00e8rent la mise en place de bacs (traversiers) sur la rivi\u00e8re des Prairies dont le privil\u00e8ge \u00e9tait d\u00e9tenu par le S\u00e9minaire de Qu\u00e9bec entre l&rsquo;\u00eele de Montr\u00e9al et l\u2019\u00eele J\u00e9sus sur la rive nord. Un premier bac fut mis en service en 1739 entre le village de Saint-Vincent-de-Paul et le <em>Bas du Sault<\/em> dans la paroisse de Sault-au-R\u00e9collet. Le privil\u00e8ge exclusif de passeur d\u2019eau \u00e0 cet endroit passa en 1767 \u00e0 S\u00e9bastien Rocan dit Laville, un r\u00e9sident de l\u2019\u00eele J\u00e9sus, puis \u00e0 Joseph Sigouin qui le vendit \u00e0 son fr\u00e8re Michel en 1804. \u00c9tant donn\u00e9 l\u2019augmentation du trafic, un deuxi\u00e8me bac avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli vers 1801 du c\u00f4t\u00e9 sud par Amable Corbeil. Son fils Michel lui succ\u00e9da vers 1819. Cette traverse, qui sera exploit\u00e9e par les familles Sigouin et Corbeil pendant plus de soixante ans, partait d\u2019un d\u00e9barcad\u00e8re \u00e9rig\u00e9 vis-\u00e0-vis l\u2019avenue L\u2019Archev\u00eaque \u00e0 Montr\u00e9al-Nord, \u00e0 1 kilom\u00e8tre en aval du pont Pie-IX actuel. Une autre traverse fut exploit\u00e9e \u00e0 <em>L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe<\/em> (Cartierville) par Pascal Persillier dit Lachapelle et Fran\u00e7ois Quenneville de 1829 \u00e0 1836 et une troisi\u00e8me fut mise en service en 1834 \u00e0 l\u2019emplacement du futur pont Viau, entre Saint-Martin et Ahuntsic. <strong><sup>1&nbsp;<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Les exploitants des traverses \u00e9taient habitu\u00e9s \u00e0 c\u00e9der le passage aux radeaux de bois venant de la rivi\u00e8re des Outaouais. Le <em>Columbo, <\/em>un premier convoi de 50 radeaux compos\u00e9s de 700 pi\u00e8ces de bois \u00e9quarri de pin et de ch\u00eane, ainsi que de 900 planches et madriers de l\u2019entrepreneur Philemon Wright, avait fait le voyage Ottawa-Qu\u00e9bec en 60 jours \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1806. Les <em>raftsmen <\/em>s\u2019arr\u00eataient \u00e0 L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe pour d\u00e9monter leurs \u00ab&nbsp;trains de bois&nbsp;\u00bb afin de faire passer les radeaux en paquets de deux ou trois <em>cribes<\/em> \u00e0 la fois dans le dangereux rapide du <em>Gros Sault<\/em>, en face du moulin <em>du Crochet<\/em>. Puis ils empruntaient le chenal situ\u00e9 au nord de l\u2019\u00eele du Sergent et de l\u2019\u00eele de la Visitation et s\u2019engageaient dans le rapide tumultueux du <em>Sault au R\u00e9collet<\/em> avant de r\u00e9assembler les radeaux en eau calme en aval et de continuer leur long voyage vers Qu\u00e9bec. <strong><sup>2 <\/sup><\/strong>Le radelage sur la rivi\u00e8re des Prairies augmentera d\u2019ann\u00e9es en ann\u00e9es, tant en fr\u00e9quence des passages qu\u2019en volume de bois transport\u00e9 pour atteindre son apog\u00e9e entre les ann\u00e9es 1840 et 1870 avant d\u2019amorcer son d\u00e9clin par la suite. En raison du trafic des <em>raftsmen<\/em> faisant escale \u00e0 L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe pour le ravitaillement et le gite, tant \u00e0 l\u2019aller qu\u2019au retour de Qu\u00e9bec par bateau ou par carriole, le hameau deviendra un centre prosp\u00e8re comptant h\u00f4tels, tavernes, bureau de poste, magasin g\u00e9n\u00e9ral, etc. Ce village \u00e9tait situ\u00e9 entre les actuels quartiers de Chomedey et Laval-des-Rapides, entre le boulevard Chomedey et l\u2019autoroute 15.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Train-de-bois-riv-des-Outaouais-devant-Ottawa_William-James-Topley_PA-144140-ANC.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"691\" src=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Train-de-bois-riv-des-Outaouais-devant-Ottawa_William-James-Topley_PA-144140-ANC-1024x691.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-42000\" srcset=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Train-de-bois-riv-des-Outaouais-devant-Ottawa_William-James-Topley_PA-144140-ANC-1024x691.jpg 1024w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Train-de-bois-riv-des-Outaouais-devant-Ottawa_William-James-Topley_PA-144140-ANC-300x202.jpg 300w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Train-de-bois-riv-des-Outaouais-devant-Ottawa_William-James-Topley_PA-144140-ANC-768x518.jpg 768w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Train-de-bois-riv-des-Outaouais-devant-Ottawa_William-James-Topley_PA-144140-ANC-1536x1036.jpg 1536w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Train-de-bois-riv-des-Outaouais-devant-Ottawa_William-James-Topley_PA-144140-ANC-2048x1382.jpg 2048w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Train-de-bois-riv-des-Outaouais-devant-Ottawa_William-James-Topley_PA-144140-ANC-624x421.jpg 624w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption>Un train de bois assembl\u00e9 sur la rivi\u00e8re des Outaouais \u00e0 Ottawa pr\u00eat \u00e0 entreprendre son voyage vers Qu\u00e9bec. William James Topley, PA-144140, Biblioth\u00e8que et Archive Canada.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Les premiers ponts<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">En 1815, Louis-Michel Viger, jeune avocat de Montr\u00e9al, d\u00e9cida d\u2019entreprendre des d\u00e9marches aupr\u00e8s de la L\u00e9gislature afin d\u2019obtenir l\u2019autorisation de construire \u00e0 ses propres frais un pont \u00e0 p\u00e9age sur la rivi\u00e8re des Prairies. Sa requ\u00eate sp\u00e9cifiait un lieu situ\u00e9 en aval de l\u2019\u00e9glise de Sault-au-R\u00e9collet et \u00ab&nbsp;pr\u00e8s des moulins des Seigneurs de l\u2019\u00cele de Montr\u00e9al&nbsp;\u00bb. L\u2019autorisation royale fut sanctionn\u00e9e en mars 1817. Mais ce pont, qui devait vraisemblablement prendre appui sur l\u2019\u00eele de la Visitation, ne fut pas construit et Louis-Michel Viger en perdit les droits \u00e0 l\u2019expiration du d\u00e9lai de quatre ans pr\u00e9vus \u00e0 sa charte pour le construire. <strong><sup>3<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">En 1826 Pascal Persillier dit Lachapelle, p\u00e8re, construisit \u00e0 ses frais un pont de bois sur la rivi\u00e8re des Prairies en face de l\u2019\u00e9glise de Sault-au-R\u00e9collet pour faciliter l\u2019acc\u00e8s \u00e0 son moulin \u00e0 farine \u00e9rig\u00e9 sur l\u2019\u00eele du Sergent. Cette structure appel\u00e9e le \u00ab&nbsp;grand pont&nbsp;\u00bb s\u2019acquitta de sa t\u00e2che pendant une vingtaine d\u2019ann\u00e9es bien que son propri\u00e9taire, \u00e0 d\u00e9faut de d\u00e9tenir une charte, ne pouvait r\u00e9clamer un p\u00e9age pour assurer son entretien. Le meunier Lachapelle tira toutefois des revenus substantiels de ses baux d\u2019exploitation de moulins, ainsi que du pont de bois qu\u2019il fit construire \u00e0 L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe en 1836 pour remplacer le bac mis en service \u00e0 cet endroit sept ans plus t\u00f4t avec l\u2019aide de son associ\u00e9 Fran\u00e7ois Quenneville. <strong><sup>4<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D031836_Lachapelle_Philip-John-Bainbrigge-1838_ANC-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"636\" src=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D031836_Lachapelle_Philip-John-Bainbrigge-1838_ANC-1024x636.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-42001\" srcset=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D031836_Lachapelle_Philip-John-Bainbrigge-1838_ANC-1024x636.jpg 1024w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D031836_Lachapelle_Philip-John-Bainbrigge-1838_ANC-300x186.jpg 300w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D031836_Lachapelle_Philip-John-Bainbrigge-1838_ANC-768x477.jpg 768w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D031836_Lachapelle_Philip-John-Bainbrigge-1838_ANC-1536x954.jpg 1536w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D031836_Lachapelle_Philip-John-Bainbrigge-1838_ANC-2048x1272.jpg 2048w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D031836_Lachapelle_Philip-John-Bainbrigge-1838_ANC-624x387.jpg 624w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption>Le pont Lachapelle construit en 1836 sur la rivi\u00e8re des Prairies \u00e0 L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe. Huile&nbsp;: Philip John Bainbridgge, Biblioth\u00e8que Archives Canada.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D00Lachapelle_Abord-a-Plouffe_plan-paroisse-St-Martin-BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.3.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"794\" src=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D00Lachapelle_Abord-a-Plouffe_plan-paroisse-St-Martin-BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.3-1024x794.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-42003\" srcset=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D00Lachapelle_Abord-a-Plouffe_plan-paroisse-St-Martin-BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.3-1024x794.jpg 1024w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D00Lachapelle_Abord-a-Plouffe_plan-paroisse-St-Martin-BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.3-300x233.jpg 300w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D00Lachapelle_Abord-a-Plouffe_plan-paroisse-St-Martin-BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.3-768x595.jpg 768w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D00Lachapelle_Abord-a-Plouffe_plan-paroisse-St-Martin-BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.3-1536x1191.jpg 1536w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D00Lachapelle_Abord-a-Plouffe_plan-paroisse-St-Martin-BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.3-624x484.jpg 624w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D00Lachapelle_Abord-a-Plouffe_plan-paroisse-St-Martin-BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.3.jpg 2028w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption>Site du pont de L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe (Cartierville) construit par Pascal Persillier dit Lachapelle, p\u00e8re. Plan Paroisse Saint-Martin, BAnQ E21,S555,SS1,SSS14,PV.3.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">En d\u00e9cembre 1846, un groupe d\u2019actionnaires compos\u00e9 du cur\u00e9 Jacques-Janvier Vinet, des montr\u00e9alais Alexandre-Maurice Delisle et Benjamin-Henri Lemoine, ainsi que de plusieurs habitants de Sault-au-R\u00e9collet, d\u00e9cid\u00e8rent de reconstruire le \u00ab&nbsp;grand pont&nbsp;\u00bb et d\u2019y ajouter une seconde structure pour rejoindre la c\u00f4te de Saint-Vincent-de-Paul au nord. Un volet routier s\u2019ajoutait donc \u00e0 la vocation industrielle de l\u2019ouvrage original du meunier Lachapelle. Les investisseurs confi\u00e8rent \u00e0 Pascal Persillier dit Lachapelle, fils, le mandat de r\u00e9aliser le projet. Le 14 d\u00e9cembre 1846, ce dernier publiait dans le journal <em>La Minerve <\/em>un avis public \u00e0 l\u2019effet qu\u2019il s\u2019adresserait sous peu \u00e0 la L\u00e9gislature provinciale afin d\u2019obtenir l\u2019autorisation de b\u00e2tir ces ponts jumel\u00e9s sur la rivi\u00e8re des Prairies et d\u2019en fixer les taux de p\u00e9age. Le privil\u00e8ge exclusif demand\u00e9 sur la rivi\u00e8re par le fils Lachapelle se bornerait \u00e0 une distance de 3,2 kilom\u00e8tres en amont, soit \u00e0 la hauteur du moulin du <em>Gros-Sault<\/em> qui se trouvait \u00e0 la limite du m\u00eame privil\u00e8ge accord\u00e9 en 1834 \u00e0 son p\u00e8re, Pascal Persillier dit Lachapelle et \u00e0 son associ\u00e9 Fran\u00e7ois Quenneville, pour le pont de L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe \u00e0 Cartierville. Le droit exclusif s\u2019\u00e9tendrait \u00e0 une distance d\u2019environ 7 kilom\u00e8tres en aval, soit jusqu\u2019au site du <em>moulin de l\u2019Isle J\u00e9sus<\/em> dans la paroisse de Saint-Fran\u00e7ois-de-Sales. Les taux de p\u00e9age exig\u00e9s \u00e9taient indiqu\u00e9s dans l\u2019avis. <strong><sup>5<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><strong>Un comp\u00e9titeur s\u2019invite dans la danse sur les ponts<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Ayant pris connaissance du projet des associ\u00e9s de Lachapelle, fils, les directeurs du S\u00e9minaire de Qu\u00e9bec estimaient qu\u2019un pont situ\u00e9 dans le voisinage de leur moulin du Crochet, au <em>Gros Sault<\/em>,serait aussi avantageux pour l\u2019exercice de leurs activit\u00e9s commerciales. \u00c0 l\u2019instigation de leur procureur, l\u2019abb\u00e9 Louis Gingras, ils form\u00e8rent une soci\u00e9t\u00e9 avec Joseph Brien dit Desrochers et Louis Lahaise, pr\u00eatre sup\u00e9rieur du S\u00e9minaire et meunier du Crochet, et ils charg\u00e8rent Pierre Viau, cultivateur habitant le village de Saint-Martin, de construire un pont \u00e0 1,6 kilom\u00e8tre en amont du village de Sault-au-R\u00e9collet. Le S\u00e9minaire se chargerait du financement du projet. Deux nouveaux ponts \u00e0 p\u00e9age construits \u00e0 tr\u00e8s peu de distance d\u2019intervalle sur la rivi\u00e8re des Prairies s\u2019ajouteraient en aval du pont de L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe. Les deux soci\u00e9t\u00e9s concurrentes s\u2019adress\u00e8rent \u00e0 la L\u00e9gislature le 9 juin 1847 afin d\u2019obtenir l\u2019autorisation de les construire. Pas moins de six p\u00e9titions appuyant leurs demandes provenant des habitants des paroisses de La Visitation-du-Sault-au-R\u00e9collet, Saint-Vincent-de-Paul, Saint-Fran\u00e7ois-de-Sales, Terrebonne, Sainte-Rose et Sainte-Anne-des-Plaines furent \u00e9tudi\u00e9es par le comit\u00e9 des chemins et ponts avant qu\u2019un Acte soit \u00e9mis le 24 juillet 1847 par la Chambre d\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative en faveur des requ\u00e9rants pour chacun des deux projets. La seule p\u00e9tition s\u2019y opposant provenait de l\u2019avocat montr\u00e9alais Norbert Dumas qui demandait que le privil\u00e8ge lui soit plut\u00f4t accord\u00e9. <strong><sup>6<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">En 1848, Pierre Viau commen\u00e7a la construction des cul\u00e9es et des piliers du pont vis-\u00e0-vis la Mont\u00e9e No\u00ebl, au hameau surnomm\u00e9 <em>Back River<\/em>. Une fois ce travail compl\u00e9t\u00e9, le ma\u00eetre-charpentier Fran\u00e7ois Viau dit Jeanveau \u00e9leva les charpentes en bois sur ces supports. Le pont fut achev\u00e9 le 2 avril 1849. Le type de syst\u00e8me porteur du premier pont Viau n\u2019est pas connu. <strong><sup>7<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Pendant que le pont Viau \u00e9tait en chantier en 1848, Pascal Persillier dit Lachapelle, fils, ayant obtenu sa charte, d\u00e9butait la reconstruction du \u00ab&nbsp;grand pont&nbsp;\u00bb pour Delisle et Lemoine entre l\u2019\u00e9glise du Sault-au-R\u00e9collet et l\u2019\u00eele du Sergent. Le meunier pr\u00e9voyait le jumeler l\u2019ann\u00e9e suivante avec une structure plus petite situ\u00e9e entre cette \u00eele et la rive nord, du c\u00f4t\u00e9 de Saint-Vincent-de-Paul. Il en avait confi\u00e9 la r\u00e9alisation \u00e0 l\u2019architecte montr\u00e9alais John Atkinson. Selon les dimensions exig\u00e9es par la charte, le pont devait compter au moins 3 trav\u00e9es d\u2019une port\u00e9e minimale de 48,8 m\u00e8tres pouvant laisser libre cours au passage des radeaux de bois. Les structures jumel\u00e9es compteront respectivement 7 trav\u00e9es totalisant 309 m\u00e8tres et 3 trav\u00e9es totalisant 115 m\u00e8tres. Aucune illustration ne nous permet de d\u00e9terminer le type de charpente du pont. <strong><sup>8<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#010000\"><strong>La contestation des <em>raftsmen<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Avant la construction des piliers des ponts Viau et Delisle-Lemoine, tout allait relativement bien pour les marchands de bois et les <em>cageux <\/em>impliqu\u00e9s dans la descente des radeaux sur la <em>Back River<\/em>. Ils s\u2019accommodaient de la seule pr\u00e9sence du pont Lachapelle \u00e0 L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe, car c\u2019\u00e9tait le lieu privil\u00e9gi\u00e9 pour le d\u00e9mant\u00e8lement de leurs trains de bois en amont du Gros Sault. Mais ils virent bient\u00f4t d\u2019un mauvais \u0153il la construction de deux autres ponts si rapproch\u00e9s dans le secteur et se plaignirent de la pr\u00e9sence de ces nouvelles entraves qui g\u00eanaient la descente de leurs radeaux plus bas sur le cours d\u2019eau. Les barons du bois Ruggles Wright de <em>Wright\u2019s Town <\/em>(Hull) et Allan Gilmour de Chelsea demand\u00e8rent justice et compensation. Ils avaient d\u00e9j\u00e0 pris les devants \u00e0 l\u2019automne 1848 en visitant les lieux en compagnie de l\u2019ing\u00e9nieur civil Thomas Coltrin Keefer qui \u00e9tait alors en charge de la gestion des glissoires et des estacades sur la rivi\u00e8re des Outaouais, des infrastructures construites par le Bureau des Travaux publics. Les barons revinrent inquiets et plus que jamais convaincus qu\u2019il fallait rem\u00e9dier au probl\u00e8me des ponts. L\u2019industriel Baxter Bowman, de Buckingham, ainsi que messieurs Lemesurier, Tilstone et Compagnie se joignirent aux plaignants et bombard\u00e8rent le gouvernement de p\u00e9titions. L\u2019industriel Joseph Aumond exigea la lev\u00e9e des obstacles en janvier 1849. Le d\u00e9put\u00e9 Egan r\u00e9f\u00e9ra leurs requ\u00eates \u00e0 un comit\u00e9 sp\u00e9cial qui ouvrit des audiences publiques du 17 au 26 f\u00e9vrier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Apr\u00e8s avoir lu la p\u00e9tition de Joseph Aumond qui avait augment\u00e9 la pression aupr\u00e8s du gouvernement et sembl\u00e9 faire bouger le dossier, le comit\u00e9 pr\u00e9sid\u00e9 par G. Byron Lyon entendit les t\u00e9moignages d\u2019une quinzaine de personnes int\u00e9ress\u00e9es au litige \u00e0 partir du 17 f\u00e9vrier 1849, tant du c\u00f4t\u00e9 des marchands de bois et des <em>cageux <\/em>\u00e0 leur solde, que des propri\u00e9taires des ponts. Les membres du comit\u00e9 furent d\u2019abord tr\u00e8s surpris de constater que des chartes avaient \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es \u00ab&nbsp;pour la construction de deux ponts situ\u00e9s \u00e0 moins d\u2019un mille l\u2019un de l\u2019autre et \u00e0 un endroit de la rivi\u00e8re, une entrave consid\u00e9rable pour la navigation. Le Comit\u00e9 ne pouvait concevoir qu\u2019on ait pu permettre l\u2019adoption d\u2019une loi contenant des dispositions aussi n\u00e9fastes au commerce du bois, sans rencontrer le d\u00e9saccord de ceux qui \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u00e9poque les repr\u00e9sentants des int\u00e9r\u00eats de l\u2019Outaouais \u00e0 la L\u00e9gislature.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Parmi les cinq pilotes de cages appel\u00e9s \u00e0 t\u00e9moigner figurait le l\u00e9gendaire Joseph Montferrand dit Favre, qui \u00e9tait \u00e0 l\u2019emploi du marchand de bois Baxter Bowman, de Buckingham. Avec ses trente ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience du m\u00e9tier de <em>cageux <\/em>dont six comme apprenti, le ma\u00eetre de cages \u00e9tait bien au fait de la clause pr\u00e9vue \u00e0 la charte des ponts qui obligeait les marchands \u00e0 donner deux heures d\u2019avis avant de faire passer leurs trains de bois et ce, un <em>cribe<\/em> (petit radeau individuel) \u00e0 la fois. Mais le g\u00e9ant de six pieds et quatre pouces consid\u00e9rait que l\u2019application de ce r\u00e8glement \u00e9tait impossible au printemps lorsque le courant \u00e9tait fort et le niveau d\u2019eau \u00e9lev\u00e9. Avant l\u2019existence des deux ponts, Montferrand se disait capable de faire passer un ensemble de 16 \u00e0 24 cribes de bois \u00e9quarri \u00e0 la fois avec une \u00e9quipe de 20 \u00e0 24 hommes. Il faudrait maintenant 3 hommes, incluant le pilote, pour faire passer un seul cribe entre les piliers, et pour accomplir la t\u00e2che initiale il fallait maintenant une \u00e9quipe de 48 hommes, comprenant 16 \u00e0 24 pilotes, dont les gages \u00e9taient du double de ceux d\u2019un employ\u00e9 ordinaire. Un pilote faisait deux voyages par jour et la distance \u00e0 franchir \u00e9tait de 14,5 kilom\u00e8tres. Un radeau ordinaire de 60,000 pieds-planche (de bois) pouvait passer en deux jours, si le vent et le temps le permettaient, alors que maintenant, pour satisfaire aux exigences de la loi, il faudrait au m\u00eame radeau dix ou douze jours, faisant grimper la facture de 66%. \u00c9tant donn\u00e9 les nouveaux d\u00e9lais pour faire passer les cages sous les ponts, le bois s\u2019accumulait \u00e0 la t\u00eate des rapides. L\u2019embouteillage qui s\u2019ensuivait sur la rivi\u00e8re semait la confusion parmi les <em>cageux<\/em>,tant en aval qu\u2019en amont. Il en r\u00e9sultait une grande perte de temps pour r\u00e9assembler les cages au pied des rapides. De plus, l\u2019op\u00e9ration consommait beaucoup plus de liens pour l\u2019assemblage, occasionnant des d\u00e9penses additionnelles pour la gestion de chaque radeau. La navigation des <em>raftsmen<\/em> se prolongeait du printemps \u00e0 la mi-juillet, soit jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tiage, bien qu\u2019il arriv\u00e2t que le niveau d\u2019eau demeure assez \u00e9lev\u00e9 pour permettre de prolonger cette p\u00e9riode d\u2019activit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Certains guides de radeaux appel\u00e9s \u00e0 t\u00e9moigner \u00e0 la commission provenaient de la r\u00e9gion de l\u2019\u00eele J\u00e9sus. C\u2019\u00e9tait le cas d\u2019Antoine Plouffe, qui habitait pr\u00e8s du site du pont Viau depuis 25 ans et qui connaissait bien la rivi\u00e8re des Prairies. Le pilote affirmait que les piliers du pont Viau \u00e9taient \u00e9rig\u00e9s sur les hauts fonds, l\u00e0 o\u00f9 il y avait peu d\u2019eau, et non pas dans le chenal que les cageurs avaient l\u2019habitude d\u2019emprunter. Antoine Plouffe affirmait ne pas avoir eu de difficult\u00e9 particuli\u00e8re pour faire passer un radeau comptant 12 \u00e0 20 cribes dans le chenal entre les piliers du pont Viau apr\u00e8s avoir descendu le rapide du <em>Gros Sault<\/em>, aid\u00e9 par une \u00e9quipe de 15 hommes \u00e0 condition que le vent ne souffle pas trop fort d\u2019une direction contraire. Ce pilote \u00e9tait sans doute un expert dans cette t\u00e2che d\u00e9licate, mais la nouvelle exigence de g\u00e9rer une seule cage \u00e0 la fois lui compliquait quand m\u00eame l\u2019existence, car il lui faudrait maintenant 32 hommes pour passer sous les ponts sans danger.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Le guide John Waddel, qui avait dirig\u00e9 des cages sur cette rivi\u00e8re pendant pr\u00e8s de 30 ans, disait que la seule pr\u00e9sence des embuches doublait la d\u00e9pense, et que les nouvelles exigences, comme l\u2019obligation de donner un pr\u00e9avis de deux heures aux propri\u00e9taires des ponts pour faire passer les cages, faisaient grimper la facture de fa\u00e7on exponentielle. La proximit\u00e9 du pont Viau avec le rapide du <em>Gros Sault<\/em> et la rapidit\u00e9 du courant donnait du fil \u00e0 tordre aux guides de radeaux qui n\u2019avaient pas le temps de se remettre d\u2019une perte de contr\u00f4le avant de n\u00e9gocier le passage dans le chenal entre les piliers. Selon Waddel, le pilier nord du pont Delisle-Lemoine constituait le plus grand danger en raison de sa position en plein milieu du chenal g\u00e9n\u00e9ralement emprunt\u00e9 en toute saison par les radeaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Neuf jours plus tard, on appela \u00e0 t\u00e9moigner Peter Aylen, un commer\u00e7ant de bois d\u2018Aylmer, que d\u2019aucuns avaient reconnu comme l\u2019ancien \u00ab&nbsp;roi des <em>Shiners<\/em>&nbsp;\u00bb, un vieil adversaire de Jos Montferrand. Selon la tradition, le colosse Montferrand, qui \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 pour avoir la savate haute et redoutable, avait affront\u00e9 quelques 150 fiers-\u00e0-bras de la bande d\u2019Aylen lors d\u2019une bagarre entre Canadiens-fran\u00e7ais et Irlandais en 1835 sur le pont Union de Bytown (Ottawa). Le vieux <em>boul\u00e9<\/em> Aylen appel\u00e9 \u00e0 la barre, devenu un homme respectable de 50 ans, convoyait les radeaux de l\u2019Outaouais vers Qu\u00e9bec depuis 33 ans. Normalement il pouvait faire passer 16 cages en bandes durant la p\u00e9riode des hautes eaux. Mais la situation avait chang\u00e9 depuis la construction des ponts. Le courant qui \u00e9tait de 8,8 kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019heure au niveau du pont Viau acc\u00e9l\u00e9rait \u00e0 11 kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019heure \u00e0 la hauteur du pont Delisle-Lemoine. Entre le pont de L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe et le bas des rapides du Sault-au-R\u00e9collet, il n\u2019y avait plus aucun point d\u2019atterrissage pour les cages<em>. <\/em>Il devenait donc n\u00e9cessaire de les d\u00e9monter en amont du pont <em>Lachapelle <\/em>et de les r\u00e9assembler en aval du pont Delisle-Lemoine, 14,5 kilom\u00e8tres plus bas. Mais l\u2019Irlandais Aylen \u00e9tait d\u2019avis que la nuisance de ce dernier pont pouvait \u00eatre diminu\u00e9e en prolongeant la cul\u00e9e sur la rive nord de mani\u00e8re \u00e0 laisser l\u2019espace prescrit par la loi entre les piliers en \u00e9liminant le pilier situ\u00e9 trop pr\u00e8s du milieu du chenal au nord de l\u2019\u00eele du Sergent. <strong><sup>9<\/sup><\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Les commer\u00e7ants James Wadsworth et Robert Conroy d\u2019Aylmer sugg\u00e9raient plut\u00f4t de supprimer le pont Viau. Conroy \u00e9tait d\u2019avis que la disposition de la loi exigeant une ouverture d&rsquo;au moins 46 m\u00e8tres de largeur laiss\u00e9e entre les piliers n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e et qu&rsquo;un des piliers \u00e9tait \u00e9rig\u00e9 dans le chenal, dans la partie la plus profonde de la rivi\u00e8re, de fa\u00e7on \u00e0 entraver mat\u00e9riellement le passage du bois. Son homologue Robert Russell, ajouta que le pont en aval du <em>Gros Sault<\/em> (le pont <em>sup\u00e9rieur<\/em> parmi les nouveaux ponts) emp\u00eachait directement de faire passer les radeaux comme auparavant, car il y avait un grand danger de rupture contre les piliers, et apr\u00e8s l&rsquo;avoir franchi, il n&rsquo;y avait aucune chance de d\u00e9barquer le bois avant de passer le pont <em>inf\u00e9rieur<\/em> et d&rsquo;atteindre le pied du rapide.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Le commer\u00e7ant William Stubbs d\u2019Aylmer \u00e9tait certain que ces obstacles \u00e0 la descente du bois \u00ab&nbsp;entra\u00eeneront les plus grands inconv\u00e9nients, et il est tout \u00e0 fait d\u00e9raisonnable d&rsquo;exiger un tel pr\u00e9avis (2 heures), ou en fait n&rsquo;importe quel pr\u00e9avis. Nous quittons commun\u00e9ment L&rsquo;Abord-\u00e0-Plouffe \u00e0 l&rsquo;aube afin de profiter de la partie la plus calme de la journ\u00e9e et aussi pour essayer de faire deux descentes, ce qui est difficile \u00e0 accomplir et ne peut \u00eatre r\u00e9ussi que si nous partons tr\u00e8s t\u00f4t le matin.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Pierre Viau, le repr\u00e9sentant des propri\u00e9taires du pont situ\u00e9 au pied des rapides du moulin du Crochet, vint t\u00e9moigner qu\u2019il avait respect\u00e9 la loi \u00e0 tous les \u00e9gards, dont la construction des piliers dans la partie la moins profonde de la rivi\u00e8re et que ceux-ci n\u2019interf\u00e9raient aucunement avec la navigation. D\u2019autre part il a affirm\u00e9 que l&rsquo;un des piliers du pont de son concurrent situ\u00e9 en aval avait \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9 par des radeaux qui l&rsquo;avaient heurt\u00e9 et presque transperc\u00e9. Il avait vu un radeau compl\u00e8tement arr\u00eat\u00e9 \u00e0 cet endroit durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1848. \u00c0 son avis, et de tous ceux qui avaient convers\u00e9 avec lui au sujet du pont de Delisle et Lemoine au nord de l&rsquo;\u00eele du Sergent, ce pilier \u00e9tait plac\u00e9 au milieu du canal et devrait \u00eatre modifi\u00e9. En un sens, Viau \u00e9tait d\u2019accord avec le t\u00e9moignage de Peter Aylen mais en opposition aux avis de James Wadsworth et de Robert Conroy.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">L\u2019un des propri\u00e9taires du pont <em>Inf\u00e9rieur<\/em>, Alexandre-Maurice Delisle, vint \u00e0 la barre&nbsp;: \u00c0 la question du procureur du Comit\u00e9, \u00ab&nbsp;Pensez-vous que les dispositions de la loi peuvent \u00eatre respect\u00e9es sans inconv\u00e9nient majeur pour le commerce du bois ?&nbsp;\u00bb, il r\u00e9pondit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Non, car \u00e0 mon avis, si la loi \u00e9tait appliqu\u00e9e rigoureusement, elle imposerait au commerce du bois une taxe qu&rsquo;il est incapable de supporter, car, en vertu de la loi en question, les propri\u00e9taires ou les conducteurs de radeaux ont le devoir de donner un pr\u00e9avis de deux heures au receveur de p\u00e9age ou \u00e0 la personne responsable du pont, de leur intention de passer par l\u00e0 avec un radeau, et pas plus d&rsquo;un radeau ne peut \u00eatre pass\u00e9 \u00e0 la fois par la m\u00eame ouverture, sous peine de la p\u00e9nalit\u00e9 exprim\u00e9e dans la quatri\u00e8me section de ladite loi ; Ceci, \u00e0 mon avis, ne peut pas \u00eatre appliqu\u00e9 correctement.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">\u00c0 la question \u00ab&nbsp;Le pont de monsieur Viau est-il construit selon les dispositions de la loi ? Delisle r\u00e9pondit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Non, \u00e0 mon avis, car la loi l&rsquo;autorise \u00e0 \u00e9riger un pont entre la paroisse de <em>La-Visitation-du-Sault-aux-R\u00e9collets<\/em> et <em>l&rsquo;\u00cele-J\u00e9sus<\/em>, dans la paroisse de <em>Saint-Martin<\/em>, et il le construit entre la premi\u00e8re paroisse et celle de <em>Saint-Vincent de Paul<\/em> ; de plus, les arches de son pont n&rsquo;ont pas l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation au-dessus de la rivi\u00e8re exig\u00e9e par le statut.&nbsp;\u00bb Ce qui apparaissait \u00e9videmment comme une riposte aux all\u00e9gations du groupe concurrent repr\u00e9sent\u00e9 par Pierre Viau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Le dernier des quinze t\u00e9moins interrog\u00e9s fut l\u2019un des initiateurs du mouvement de protestation, Ruggles Wright, l\u2019un des barons du bois de la vall\u00e9e de l\u2019Outaouais, troisi\u00e8me fils du pionnier Philemon Wright et d\u2019Abigail Wyman, engag\u00e9s dans le commerce du bois depuis pr\u00e8s de 40 ans. Il \u00e9tait d\u2019avis que \u00ab&nbsp;le pont sup\u00e9rieur (Viau) devrait \u00eatre imm\u00e9diatement supprim\u00e9 et les parties int\u00e9ress\u00e9es indemnis\u00e9es ; et comme il y a deux autres ponts situ\u00e9s si pr\u00e8s l&rsquo;un de l&rsquo;autre, il y aurait amplement de place pour la communaut\u00e9 des voyageurs. Les frais d&rsquo;indemnisation devraient \u00eatre support\u00e9s en partie par les propri\u00e9taires des autres ponts, qui seraient avantag\u00e9s par le retrait de la concurrence du pont central ; je sais qu&rsquo;ils seraient dispos\u00e9s \u00e0 le faire, car ils me l&rsquo;ont sugg\u00e9r\u00e9. Ils peuvent le payer soit en actions de leurs propres ponts, soit en argent, selon ce qui leur convient le mieux. Les revenus du pont sont entre les mains du gouvernement, qui devrait, par cons\u00e9quent, se pr\u00e9senter et supporter ce fardeau \u00e0 partir des revenus du commerce. Le fermier a besoin et dispose d&rsquo;une route vers le march\u00e9, et pourquoi la voie que la nature a fournie au b\u00fbcheron devrait-elle \u00eatre obstru\u00e9e, alors que son commerce est fondamental au pays ? Le pont <em>Inf\u00e9rieur <\/em>(Delisle-Lemoine) pourrait \u00eatre am\u00e9lior\u00e9 par des piliers et des estacades \u00e0 un co\u00fbt d\u00e9risoire, de mani\u00e8re \u00e0 ne constituer qu&rsquo;un l\u00e9ger obstacle.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Les d\u00e9bats du Comit\u00e9 se termin\u00e8rent en mars 1849. Apr\u00e8s avoir entendu tous les t\u00e9moins, on passa bien pr\u00e8s de r\u00e9voquer les Actes des messieurs Viau et Lachapelle, fils. On s\u2019est seulement content\u00e9 d\u2019en r\u00e9voquer certaines dispositions quant aux ouvertures laiss\u00e9es libres entre les piliers. Quoiqu\u2019il en soit, le pont Viau \u00e9tait enfin achev\u00e9 le 2 avril 1849 et on annon\u00e7a son ouverture en grande pompe dans le journal <em>La Minerve<\/em> du 5 avril. Dans l\u2019\u00e9dition du 9 avril, les juges de paix L.-A. Lahais, L. Corbeil et L. B\u00e9langer publiaient un avis certifiant que le pont Viau \u00e9tait construit selon les termes de la loi et qu\u2019il \u00ab&nbsp;\u00e9tait dans un \u00e9tat convenable&nbsp;\u00bb. Sans plus. La structure mesurait 226 m\u00e8tres de longueur, compos\u00e9e de 2 trav\u00e9es de 55 m\u00e8tres et de 2 de 58 m\u00e8tres, pour un total de plus de 305 m\u00e8tres, les abords inclus. <strong><sup>10<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Alexandre-Maurice Delisle d\u00e9tenait la plus grande part des actions des ponts jumel\u00e9s en construction en face de l\u2019\u00e9glise de Sault-au-R\u00e9collet et affirmait en \u00eatre le \u00ab&nbsp;propri\u00e9taire principal&nbsp;\u00bb lors de sa comparution devant le Comit\u00e9, le 2 mars 1849. Ses partenaires d\u2019affaires Benjamin-Henri Lemoine, un groupe de citoyens de Sault-au-R\u00e9collet avec possiblement le cur\u00e9 Vinet \u00e0 leur t\u00eate, ainsi que Pascal-Persillier dit Lachapelle, fils, se partageraient le reste des revenus du p\u00e9age. Le pont Delisle-Lemoine fut inaugur\u00e9 et b\u00e9ni solennellement par Mgr Ignace Bourget le 26 juin 1849 et ce bel ouvrage a alors re\u00e7u le nom de \u00ab&nbsp;pont des Saints-Anges&nbsp;\u00bb. Le 4 ao\u00fbt 1851, Delisle et Lemoine ont promis de payer annuellement au meunier Lachapelle, fils, 3 livres pour l\u2019usage de l\u2019\u00eele du Sergent appartenant \u00e0 ce dernier. Ils lui garantissaient, ainsi qu\u2019aux gens de sa maison, le droit d\u2019emprunter le pont gratuitement, et s\u2019engageaient \u00e0 lui verser la moiti\u00e9 des tarifs de passage pay\u00e9s par ceux qui emprunteraient le pont pour aller faire moudre leurs grains \u00e0 ses moulins. La mise en service du pont des Saints-Anges aura certainement diminu\u00e9 la rentabilit\u00e9 du bac exploit\u00e9 par messieurs Sigouin et Corbeil depuis 1838 \u00e0 pr\u00e8s de cinq kilom\u00e8tres en aval. <strong><sup>11<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D08_D09plan-St-Vincent-de-Paul_vers-1842_BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.33.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"848\" src=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D08_D09plan-St-Vincent-de-Paul_vers-1842_BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.33-1024x848.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-42005\" srcset=\"https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D08_D09plan-St-Vincent-de-Paul_vers-1842_BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.33-1024x848.jpg 1024w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D08_D09plan-St-Vincent-de-Paul_vers-1842_BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.33-300x248.jpg 300w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D08_D09plan-St-Vincent-de-Paul_vers-1842_BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.33-768x636.jpg 768w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D08_D09plan-St-Vincent-de-Paul_vers-1842_BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.33-1536x1272.jpg 1536w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D08_D09plan-St-Vincent-de-Paul_vers-1842_BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.33-624x517.jpg 624w, https:\/\/pontscouverts.com\/blogue\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/6149D08_D09plan-St-Vincent-de-Paul_vers-1842_BAnQ-E21S555SS1SSS14PV.33.jpg 1939w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption>Les ponts concurrents Viau et Delisle-Lemoine \u00e9taient distants de seulement 1 km l\u2019un de l\u2019autre. Plan paroisse Saint-Vincent-de-Paul, BAnQ E21,S555,SS1,SSS14,PV.3<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Les m\u00eames investisseurs montr\u00e9alais avaient ajout\u00e9 un autre pont \u00e0 leur patrimoine sur l\u2019\u00eele J\u00e9sus (Laval). Le 30 mai 1849, Alexandre-Maurice Delisle, Benjamin-Henri Lemoine et Jean-Baptiste Debien, fils, ont obtenu l\u2019autorisation de construire un pont de p\u00e9age sur la rivi\u00e8re des Mille-\u00celes \u00e0 Sainte-Rose. Les entrepreneurs du pont \u00e9taient messieurs Valiquet de Saint-Martin et Forget dit Depaty du Sault-au-R\u00e9collet, sous la surveillance de l\u2019architecte Atkinson. Leur pont comptait 5 arches de 55 m\u00e8tres et 5 de 30 m\u00e8tres. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 achev\u00e9 depuis deux mois et avait \u00e9t\u00e9 ouvert \u00e0 la circulation en mars 1849, mais la structure a perdu une arche et subi d\u2019autres avaries \u00e0 la d\u00e9b\u00e2cle du printemps et elle a d\u00fb \u00eatre r\u00e9par\u00e9e. Les travaux compl\u00e9t\u00e9s, les juges de paix C\u00e9saire Germain et Pascal Persillier dit Lachapelle, fils, certifi\u00e8rent dans un rapport d\u2019experts, le 29 ao\u00fbt 1851, que le pont \u00e9tait \u00ab&nbsp;fait d\u2019une mani\u00e8re solide et convenable pour le passage des voyageurs, bestiaux et voitures&nbsp;\u00bb. <strong><sup>12<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Le 11 d\u00e9cembre 1849 les propri\u00e9taires du pont de Sainte-Rose avaient demand\u00e9 au d\u00e9put\u00e9 grand-voyer de faire l\u2019arpentage et le proc\u00e8s-verbal du chemin entre ce nouveau pont et le \u00ab&nbsp;pont Jean-Viau&nbsp;\u00bb, accompagn\u00e9 d\u2019un plan sur lequel on retrouvait la rivi\u00e8re des Prairies, les chemins du Sault-au-R\u00e9collet et de Saint-Vincent-de-Paul, la traverse du bateau-passeur Sigouin-Corbeil, le logis pour le repos des voyageurs, la boutique du forgeron ainsi que l\u2019\u00e9glise de Sault-au-R\u00e9collet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Les cages venues de l\u2019Outaouais par centaines continuaient \u00e0 d\u00e9filer dans les chenaux entre les piliers flanqu\u00e9s de quais de protection massifs des trois ponts g\u00e9ants sur la rivi\u00e8re des Prairies, non sans les bousculer et les endommager au passage. On touchait du bois tout en esp\u00e9rant que les structures \u00e9branl\u00e9es \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition r\u00e9sistent \u00e0 tous ces affronts.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">\u00c0 suivre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Ga\u00e9tan Forest, juin 2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><strong>R\u00c9F\u00c9RENCES&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">1- S\u00e9bastien Rocan dit Bastien, fils de S\u00e9bastien Rocan dit Laville; <em>La Minerve, <\/em>16 novembre 1829 au 3 octobre 1833; page Web <em>La Traverse Montr\u00e9al-Nord<\/em>, Jean-Paul Guiard, 2018; site web memoireduquebec.com&nbsp;: on nommait ce service de bac <em>traverse Sigouin<\/em>, parce qu\u2019elle aboutissait sur la terre de la veuve Sigouin du c\u00f4t\u00e9 de Saint-Vincent-de-Paul; <em>Montr\u00e9al par ponts et traverses<\/em>, direction Francine Leli\u00e8vre, Pointe-\u00e0-Calli\u00e8re, Mus\u00e9e d\u2019arch\u00e9ologie et d\u2019histoire de Montr\u00e9al, 1999; carte 1834 montrant les traverses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">2- Le voyage d\u2019Ottawa \u00e0 L\u2019Abord-\u00e0-Plouffe prenait 35 jours; page Web journalmetro.com, <em>Les cageux et la rivi\u00e8re des Prairies<\/em>, Robert Lagac\u00e9, 2012; Soci\u00e9t\u00e9 historique de Qu\u00e9bec;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">3-<em> Journaux de la Chambre d\u2019Assembl\u00e9e du Bas Canada<\/em> <em>depuis le 15 janvier jusqu\u2019au 22<\/em><em><sup>e<\/sup><\/em><em>, mars, 1817<\/em>; le privil\u00e8ge exclusif demand\u00e9 par Louis-Michel Viger \u00e9tait fort gourmand : il couvrait une distance de quelques 26 kilom\u00e8tres sur la rivi\u00e8re des Prairies, allant du bas de l\u2019\u00eele aux Chats jusqu\u2019\u00e0 la pointe aval de l\u2019\u00eele J\u00e9sus (Laval).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">4- <em>Aper\u00e7us historiques de l\u2019\u00cele J\u00e9sus<\/em>, abb\u00e9 J.-Urgel Demers, L\u2019Atelier, 1957 (l\u2019abb\u00e9 Demers cite un \u00e9crit de l\u2019Abb\u00e9 Ren\u00e9 Desrochers dans son volume sur le <em>Sault-au-R\u00e9collet<\/em>); Note&nbsp;: il semble que ce soit plut\u00f4t Pascal Persillier Lachapelle, fils, qui ait achet\u00e9 l\u2019\u00eele du Sergent le 27 juillet 1837. L\u2019\u00eele appartenait auparavant \u00e0 Th\u00e9ophile David, ma\u00eetre-peintre. Ce dernier poss\u00e9dait plusieurs propri\u00e9t\u00e9s \u00e0 Sault-au-R\u00e9collet, dont possiblement un moulin. Il fera l\u2019acquisition d\u2019autres terrains o\u00f9 il y construira une imposante r\u00e9sidence ; <em>Le S\u00e9minaire de Qu\u00e9bec de 1800 \u00e0 1850<\/em>, No\u00ebl Baillargeon, Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval, 1994, p. 170 ; la source <em>Histoire du Sault-au-R\u00e9collet 2015<\/em> (docplayer.fr) mentionne \u00ab&nbsp;on y trouve les premi\u00e8res \u00e9coles du village en 1831, un premier pont est construit par Paschal Persillier dit Lachapelle, p\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">5- <em>Le S\u00e9minaire de Qu\u00e9bec de 1800 \u00e0 1850<\/em>, No\u00ebl Baillargeon, Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval, 1994, p.170; <em>La Minerve, 14 d\u00e9cembre 1846, 18, 21, et 28 juin 1847, 12 et 29 juillet 1847;<\/em> La distance de 7 kilom\u00e8tres m\u00e8ne \u00e0 la hauteur du ruisseau Paradis ; ce moulin serait celui de Saint-Fran\u00e7ois (Dubreuil); le privil\u00e8ge accord\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Vinet-Delisle-Lemoine aurait-il \u00e9t\u00e9 r\u00e9voqu\u00e9 ou modifi\u00e9 lorsque la soci\u00e9t\u00e9 du pont Viau a demand\u00e9 d\u2019intercaler leur structure entre les deux privil\u00e8ges en 1847 ?; <em>Histoire du Sault-au-R\u00e9collet 2015 <\/em>(mentionne la construction en 1847, docplayer.fr).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">6- <em>La Minerve, <\/em>18, 21 et 28 juin, 12 et 29 juillet 1847 (d\u00e9marches d\u2019obtention de la charte pour p\u00e9ages du pont Viau)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">7- <em>Industrie canadienne <\/em>(le premier pont Viau est achev\u00e9), <em>La Minerve<\/em>, 2, 5 et 16 avril, 24 mai 1849; Le ma\u00eetre-charpentier de Saint-Laurent Fran\u00e7ois Viau dit <em>Jeanveau<\/em> a construit l\u2019\u00e9glise de Saint-Laurent en 1835-37 et le premier pont de bois de la rue Castonguay \u00e0 St-J\u00e9r\u00f4me en 1846. Il a aussi gagn\u00e9 des prix \u00e0 des concours d\u2019\u00e9levage de chevaux en 1858. Sur le plan d\u2019un trac\u00e9 de route en 1862, le pont Viau \u00e9tait aussi appel\u00e9 \u00ab&nbsp;pont Jean-Veau.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">8- <em>Histoire du Sault-au-R\u00e9collet 2015<\/em> (docplayer.fr); <em>Le S\u00e9minaire de Qu\u00e9bec<\/em>, p. 170-171; J.-Urgel Demers, <em>Aper\u00e7us historiques de l\u2019\u00eele J\u00e9sus<\/em>, p. 180, note 8; <em>Histoire du Sault-au-R\u00e9collet 2015<\/em> (docplayer.fr)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">9- <em>Boul\u00e9&nbsp;: <\/em>pour <em>bully<\/em> (intimidateur)&nbsp;\u00bb; Commission d\u2019enqu\u00eate 13 avril 1849, Documents de la Session (Appendix Journals of Legislative Assembly, 1849.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">10- Idem.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">11- Commission d\u2019enqu\u00eate 13 avril 1849, Documents de la Session (Appendix Journals of Legislative Assembly, 1849.); <em>Familles du Sault-au-R\u00e9collet (IV) Les Persillier-Lachapelle, <\/em>Michel Lapierre, Cahiers d\u2019histoire du Sault-au-R\u00e9collet, automne 1993, No. 4.; Pascal Persillier dit Lachapelle, p\u00e8re, \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 18 juin 1851 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 70 ans. Son fils du m\u00eame nom d\u00e9c\u00e9dera le 9 f\u00e9vrier 1853 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 47 ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">12- <em>La Minerve <\/em>28 septembre 1848<em>, <\/em>29 mars 1849<em>, <\/em>31 mai 1849<em>; L\u2019Avenir, <\/em>7 avril 1849;<em> La Minerve, <\/em>29 ao\u00fbt 1851<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s excit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de recevoir un nouveau texte sign\u00e9 de la plume de notre ami Ga\u00e9tan. On y retrouve toujours plusieurs \u00e9v\u00e9nements historiques d\u00e9taill\u00e9s entourant des ponts, ainsi que tous les personnages qui ont gravit\u00e9 autour. 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